Musée des Beaux-Arts de Chambéry

jusqu'au 24 février 2014

Pierre Leloup est né en 1955 à Chambéry, et est mort en 2010.
Le Musée de Chambéry lui rend hommage, en lui offrant actuellement une belle rétrospective de son œuvre.
Pierre Leloup s'est formé à l’École des Beaux-Arts de Grenoble, dont il sort diplômé en 1977.
En 1980, il rencontre Mylène Besson, artiste elle aussi, qui deviendra sa compagne.
Pierre_Leloup_1.jpg La même année, après plusieurs expositions, il crée avec des amis « le collectif des artistes savoyards » (CAS), édite deux nouvelles illustrées de gravures, et signe son premier livre en collaboration avec Patrick Chemin.
C'est aussi cette année là que Pierre Leloup rencontrera Michel Butor, avec qui il entamera une collaboration au long cours, et qui aboutira à la production d'une cinquantaine de livres, objets et planches.
Pierre Leloup a été peintre, mais aussi décorateur de théâtre et de spectacles de danse.
Comme chez beaucoup d'artistes, un premier voyage en Afrique le marquera. Il ira régulièrement au Burkina Faso ainsi qu'à Brazaville, au Gabon, au Sénégal, au Maroc, s'associant avec des artistes locaux. Il voyagera aussi en Europe, au Pakistan, aux USA.
Son œuvre se décline en séries, en collections qu'il mène de front, sans jamais rien dater, portraits, transats, masques, peau. Une allègre profusion de gouaches, dessins, toiles, collages, livres-objets, (comme la série de ses tiroirs-miroirs accompagnés de poèmes de Michel Butor) : son œuvre abonde, en collaboration avec des photographes, des écrivains (Butor, Arrabal, Bourgeade), des gens de théâtre et de danse …. depuis les expériences de jeunesse jusqu'aux compositions d'une maturité réfléchie.
Pierre_Leloup_2.jpg Un aperçu est également proposé de ses 260 carnets d'aquarelles, gouaches, dessins réalisés chaque matin pendant 30 ans.
Amoureux du bois, Pierre Leloup adorait jouer des textures et des essences, mêler le vrai au faux, dans des toiles aux teintes fauves. L’œil sensuel, il aimait bien aussi caresser de son pinceau la peau sur la toile avec le même appétit. Pierre Leloup faisait des paysages à la limite de l'abstraction, mais aussi des portraits qu'il dénaturait, déformait, enlaidissait, comme pour les rendre plus expressifs, plus émouvants, plus proches,. Il se jouait de la perspective, mettait les visages en « ronde », les dispersait sur un mur, comme dans son atelier, les faisait se refléter dans un miroir, … variation à l'infini d'une folle représentation qui met à mal nos préjugés, nous bouscule, et nous entraîne là où Pierre Leloup voulait nous amener. Et on se laisse emporter …...
Pierre_Leloup_3.jpg Ses trompe-l’œil sont magiques, semblent sortir des tableaux tout en ne faisant qu'un avec eux. Et devant tant d'évidences, on suit sans broncher !
Où commencent et où finissent les limites d'une œuvre, quel élément appartient à la peinture et quel élément est réel, et dans le prolongement du tableau peint … sans cesse le regard interroge, cherche, scrute, jusqu'à provoquer étonnement et amusement. Le plaisir de l'artiste devient celui du spectateur.
Du tableau abstrait aux formes déconstruites et où l'artiste joue sur les effets de lumière, aux représentations plus figuratives comme la série de tableaux inspirés des Ménines de Vélasquez, à la série des transats, aux assemblages, masques africains …. l'exposition de Chambéry nous montre un vaste aperçu des œuvres produites par Pierre Leloup.
Chaque œuvre, à la fois unique et élément d'un ensemble, recrée pour nous l'univers de Pierre Leloup, un univers qu'il est bon de croiser sur notre chemin, dans une époque si chahutée.

En résonance avec cette exposition, vous pouvez également voir, jusqu'au 31 Janvier 2014, à la Médiathèque Jean-Jacques Rousseau de Chambéry, salle Mellarède, 2ème étage, "Pierre Leloup, livres d'artiste", où créations et livres d'objets côtoient les textes d'écrivains comme Michel Butor, Fernand Arrabal, Vahé Godel.