Allons au musée - Mot-clé - Narkevicius Présentation d'expositions diverses de peintures, sculptures, photos et vidéos, de lieux multiples, musées, centres d'art contemporain, galeries, cafés-restaurants, entre Grenoble, Paris, Lyon, Rhône-Alpes et la Suisse... Ressentis et impressions critiques. 2021-10-22T22:35:06+02:00 Andrée Laporte-Daube urn:md5:627146f22bec1346990949372a159bfa Dotclear La Lituanie à l'honneur ! urn:md5:8e96278b3a1beb5a652a5497a1d0ab4c 2013-10-20T23:08:00+02:00 Andrée Laporte-Daube Musées en Isère LituanieNarkeviciusVirzbickas <h2>« Da Capo »<br /> de Deimantas Narkevicius<br /></h2> <h2>« Comment te raconter une histoire connue ? - ne la raconte pas. »<br /> de Vytautas Virzbickas<br /></h2> <h3>au Magasin, Centre d'Art Contemporain de Grenoble</h3> <p>jusqu'au 5 janvier 2014<br /></p> <p>Artiste lituanien né en 1964 à Utena, Deimantas Narkevicius vit et travaille à Vilnius. Il a participé à de nombreuses expositions collectives et personnelles dans le monde entier.<br /> Sculpteur de formation, Deimantas Narkevicius développe depuis les années 90 un travail basé sur la narration à travers le film et la vidéo.<br /> Il effectue un vrai travail de recherche sur l'Histoire de son pays.<br /> Dans l'Exposition présentée, Il se penche sur le passé, alors que la Lituanie était sous domination soviétique, et sur le présent, l'après-soviétisme, après la chute du mur à Berlin et les répercussions qui en ont suivies.<br /><img src="http://www.allonsaumusee.com/public/.Narkevicius_et_Virzbickas_s.jpg" alt="Narkevicius_et_Virzbickas.jpg" style="float:right; margin: 0 0 1em 1em;" title="Narkevicius_et_Virzbickas.jpg, oct. 2013" /> Six projections sont données en simultanéité dans six salles qui se succèdent.<br /></p> <p>Tout d'abord, l'artiste fait défiler des photos de sa famille, en noir et blanc, du temps où il était enfant. Ces photos nous révèlent une Lituanie d'il y a cinquante ans, au travers de la vie d'une famille ordinaire.<br /> C'est une réflexion à la fois sur la vie de sa famille, sur les photos amateurs qui pouvaient être prises à une époque, à la fois artisanale et argentique, et sur une époque révolue, le tout empreint d'une certaine nostalgie, même si ce n'est pas forcément l'effet voulu.<br /></p> <p>Puis, l'artiste nous offre une réflexion sur la construction d'une ville qui se voulait « idéale » pour le régime de l'époque, construite dans les années 60, avec en son cœur une centrale électrique, et tout autour une ville bâtie et tournée vers ce centre stratégique. Tous ses habitants travaillaient à la Centrale. La production de l'énergie produite par la Centrale avait une valeur symbolique pour les dirigeants d'alors. Mais ce projet a été un échec, et ce que l'on en voit avec les yeux d'aujourd'hui, est là pour le rappeler cruellement.<br /><img src="http://www.allonsaumusee.com/public/.Mag3_m.jpg" alt="Mag3.jpg" style="float:left; margin: 0 1em 1em 0;" title="Mag3.jpg, oct. 2013" /></p> <pre></pre> <p>Ensuite, nous découvrons « livres sur des étagères, et sans lettres », rappel d'un temps où la parole et l'écrit n'étaient pas libres, tandis qu'un groupe de rock joue de la musique qu'il invente, à partir de rien, faute de pouvoir se baser sur un passé inexistant en ce domaine ….<br /></p> <p>Succède un film sur un ancien officier russe qui a remis pour la circonstance l'habit du temps où la Lituanie était dominée par son voisin, et qui nous montre comment l'Union Soviétique et ses satellites avaient pour obsession de mettre dans leur viseur de missiles nucléaires leurs ennemis occidentaux (dont l'Europe). L'ancien officier rejoue à l'identique sa mission d'alors, lançant la procédure en plusieurs étapes jusqu'à être fin prêt pour le tir final. Cela fait froid dans le dos, lorsqu'on voit que peut-être l'occident a réchappé à une vrai possible catastrophe ….<br /></p> <p>Dans une salle est installé un « appareillage aux allures antiques » qui se trouvait dans les cinémas du temps des soviets, et qui produisait un son particulièrement remarquable d'après l'artiste. Deimantas Narkevicius, toujours avec ce soucis de nous faire partager les bons et moins bons côtés d'une époque disparue, nous permet de manipuler l'appareil, en programmant soi-même le morceau que l'on souhaite entendre, pour nous en faire apprécier la qualité du son, tout en y mélangeant notre propre sentiment de nostalgie, puisqu'il nous fait accéder à un morceau de musique qui fait partie de notre propre passé...<br /></p> <p>Dans une dernière salle, Deimantas Narkevicius a choisi de se plonger dans les Archives de la Stasi de l'ancienne Allemagne de l'Est.<br /> C'est ainsi que l'on peut voir la vie quotidienne des berlinois de l'Est, l'artiste créant un parallèle avec le contenu d'un livre de Deleuze, « Capitalisme et schizophrénie », évoquant le même genre de frénésie entre les deux mondes, celui de l'ancien Berlin Est avec le « flicage » et « l’espionnite » et le monde des schizophrènes.<br /></p> <pre></pre> <p>Dans l'auditorium, est projeté un film de 45 mn, qui évoque l'intolérance des Autorités Officielles vis à vis des déviationnistes comme les homosexuels … et la façon dont l'Ancien Régime traitait le problème, soignant les femmes atteintes du « mal », et punissant les hommes. C'est un film sans pathos ni dramaturgie, qui recrée une Histoire passée, une atmosphère d'époque, avec lenteur, et distanciation.<br /></p> <p>Toutes ces « scènes » mises bout à bout recréent une époque, un lieu, une Histoire.<br /> Qui se préoccupe du monde alentour ne peut que se sentir interpellé par ce que nous montre Deimantas Narkevicius<br /> Avec lui, on a envie de se pencher sur ce passé à la fois si proche et si lointain.<br /> Pour ses contemporains, c'est retrouver une époque vécue.<br /> Pour la jeunesse actuelle, c'est plonger dans une histoire récente, non pas au travers d'écrits de spécialistes qui pourraient rebuter, mais de visuels attractifs et vivants.<br /> Deimantas Narkevicius nous montre, et nous permet de voir.<br /></p> <pre></pre> <p>Dans « la Rue », avant de partir, arrêtez vous un instant et écoutez ce que l'artiste a recréé sur un plan sonore, l'époque de la construction du Pavillon Eiffel, dans lequel « Le Magasin » est logé ….<br /></p> <p>Vytautas Virzbickas représente les jeunes artistes lituaniens.<br /> Son exposition « Comment te raconter une histoire connue ? - ne la raconte pas. »<br /> se divise en trois parties : sa raison d'exister (le début de l'exposition, le Féminin et le Masculin), son résultat (la table renversée, la Montgolfière, les scarabées : le savoir n'est pas forcément le plus important), sa solution (l'armoire : une bouteille de champagne qui flotte est le symbole d'une histoire qui ne se raconte pas).<br /> Vytautas Virzbickas est un excellent plasticien, à la fois sculpteur, menuisier, vannier …. et un créatif.<br /> Son message est un peu plus difficile à cerner ...<br /> mais il a le temps devant lui …</p>